Mieux vivre le processus d’AMP grâce à la sophrologie

Cet article est une partie du dossier de certification que j’ai présenté lors de ma formation de sophrologue. J’avais choisi d’approfondir le sujet de l’aide médicale à la procréation (AMP) que je connais personnellement et professionnellement. 

D’après l’INSEE près de 820.000 enfants conçus par AMP ont vu le jour en France, dont 25 200 en 2014 ce qui représente 3,1% des enfants nés en France ! Ma fille en fait partie ! Ces chiffres sont très importants et montrent que notre médecine a fait d’énormes progrès en matière d’Assistance Médicale à la Procréation.

Le parcours d’AMP est souvent long et émotionnellement compliqué.

Lorsqu’un couple est pris en charge en AMP, l’aspect médical est bien sûr très important. Mais, le vécu pouvant être douloureux, il est important de pouvoir proposer un accompagnement global.

Dans ce document, nous ferons un point sur les différentes étapes du parcours d’assistance médicale à la procréation afin de mieux comprendre ce que vivent les personnes durant cette période. Ensuite, nous ferons un état des lieux de ce qui leur est déjà proposé. Enfin, nous verrons comment la sophrologie peut les aider et à quels moments elle peut être utile.

Pour étayer mes propos de manière plus concrète, j’ai diffusé un questionnaire (annexe) anonyme par internet; adressé aux personnes ayant suivi le parcours d’AMP ou en chemin. Je vous présente les résultats dans les parties correspondantes. 65 personnes ont répondu.

Les différentes étapes du parcours d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP)

Pour comprendre ce que la sophrologie peut apporter à chaque personne bénéficiant de l’AMP, il convient de faire un point rapide sur ce qu’elles vont vivre durant cette période. Bien évidemment, cela n’est pas exhaustif mais permet d’avoir un aperçu des difficultés rencontrées.
L’Agence de Biomédecine détaille chaque étape en fonction de la technique utilisée sur son site internet (https://www.procreation-medicale.fr/ ). Ici, j’ai fait une synthèse afin de prendre en compte l’AMP de manière générale, sans entrer dans le détail de chaque technique, ce qui n’est pas utile dans le contexte de ce travail.

Le diagnostic

Certains couples sollicitent l’assistance médicale à la procréation car l’un, ou les deux présentent une pathologie déjà étiquetée. Parfois, la pathologie est diagnostiquée au moment de la consultation, suite à une période plus ou moins longue d’infertilité. Dans d’autres cas, aucune explication n’est retrouvée !

Cette première étape représente pour certaines personnes, une délivrance car elles y voient une possibilité de grossesse à laquelle elles ne croyaient plus. Pour d’autres, c’est une « annonce-catastrophe » car elle vient concrétiser ce qu’elles savaient déjà mais qui leur était difficilement acceptable. Dans tous les cas, c’est un moment stressant car il annonce un changement et le démarrage d’un processus complexe.

Le passage en commission

Pour que le couple puisse bénéficier de l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) en France, son dossier passe devant une commission composée de différents spécialistes. Cette étape va déterminer l’acceptation ou non de la prise en charge. Selon les centres et la demande, cette étape peut être plus ou moins longue.

L’administratif

La partie administrative débute dès la 1ère consultation mais, à l’acceptation de la prise en charge, celle-ci va devenir encore plus importante. Les couples vont voir apparaître la mention « 100% stérilité » (remboursement total des frais d’AMP par la sécurité sociale) sur les documents ; chose qui peut sembler anodine mais  pourtant difficile à vivre !

Début du traitement

Les traitements vont être différents et plus ou moins longs selon les protocoles mis en place. Nous n’allons pas les détailler ici. Toutefois, il est important de préciser que, ces traitements agissant au niveau hormonal, peuvent être à l’origine de difficultés émotionnelles. Cela rajoute des difficultés émotionnelles ou exacerbe les émotions déjà présentes.

De plus, ces traitements sont souvent administrés par injections quotidiennes sur plusieurs jours. Certaines femmes les réalisent elles-mêmes et d’autres font appel à une infirmière. Cela est parfois compliqué et la peur de l’aiguille peut se manifester.

Lors d’une fécondation in vitro, il y a une ponction d’ovocytes directement dans l’ovaire, par les voies naturelles sous anesthésie locale ou générale. L’anesthésie et l’intervention sont sources d’angoisses pour les patientes. Il s’ensuit une gêne et parfois des douleurs pendant quelques jours.

Recueil de sperme

Le jour de la ponction d’ovocytes, lors d’une fécondation in vitro, l’homme effectue un recueil de sperme. Si cette étape est simple au niveau technique, elle reste néanmoins une étape sensible pour l’homme. La peur de ne pas obtenir une quantité ou qualité suffisante de sperme vient s’ajouter à l’appréhension du recueil et à l’angoisse pour la conjointe qui fait la ponction quasiment au même moment. Le niveau de stress ressenti par les hommes est élevé.

Des couples ont recours à des dons de spermatozoïdes, d’ovocytes ou d’embryons. Cela soulève d’autres difficultés pour eux et demande une réflexion différente avant d’entamer le processus.

Transfert /insémination

Selon la technique utilisée, le gynécologue effectue une insémination de sperme (insémination artificielle) ou un transfert d’embryon(s) (dans le cas de FIV, ICSI). Cette journée est primordiale pour le couple car elle concrétise une possibilité de grossesse.

Le transfert fait suite à une attente difficile de quelques jours permettant de savoir combien d’embryons ont été obtenus et quelle est leur qualité. Certains couples n’obtiennent pas suffisamment d’embryons de qualité pour envisager un transfert. D’autre part, le nombre de FIV remboursées étant de 3 en France, les couples espèrent avoir le plus d’embryons possible pour faire une autre tentative avec des embryons congelés (non comptabilisée comme une tentative).

Attente du résultat

Nous avons tous vécu cette attente du résultat d’un examen ou d’une demande importante. Il s’agit de ce moment de flottement durant lequel, nous disons souvent « les dés sont jetés » et nous ne pouvons plus agir sur l’issue de la situation. Cette étape d’attente ressemble à cela, mais en beaucoup plus intense ! Les jours peuvent sembler très longs ;  le stress se fait ressentir au quotidien.

Résultat

Le résultat est un moment où tout est possible. D’une grande joie à une profonde détresse, en passant par la colère, tout le panel des sentiments est envisageable. Certaines femmes vivent cette étape comme la plus difficile du parcours.

Les complications

A tout niveau du parcours, les complications sont possibles. Si les complications graves touchent une minorité de femmes, elles peuvent être dramatiques (hyperstimulation ovarienne grave par exemple). La décision d’une prise en charge en AMP n’est donc pas anodine et les couples sont soumis à un grand stress durant cette période. Ces risques sont exposés aux couples tout au long de la prise en charge, ce qui est à la fois nécessaire et anxiogène.
Les complications sont parfois dues à une pathologie préexistante dont les répercussions continuent.

La suite

Les suites de ce type de prise en charge sont importantes.

S’il y a une grossesse, ce qui est bien évidemment l’issue la plus favorable, le couple devra investir cette grossesse en se libérant du parcours, de l’angoisse, profiter de la grossesse puis gérer l’arrivée du ou des bébés !

S’il n’y  pas de grossesse, certains couples vont recommencer ce parcours de manière quasi similaire et d’autres, ayant épuisés toutes les possibilités, vont devoir se diriger vers l’adoption ou accepter de ne pas avoir d’enfant.

La première possibilité est plus joyeuse mais les deux issues peuvent être à l’origine de difficultés émotionnelles importantes.

Quelles options d’accompagnement ont les femmes/couples dans le cadre de l’AMP

Au-delà de la prise en charge médicale, les différents centres existants proposent des possibilités d’accompagnement aux patientes, et parfois aux couples. Notons également que certains spécialistes informent les couples sur ces possibilités, bien que, la plupart du temps, le centre ne propose pas directement et officiellement ce type d’accompagnement.

Afin de savoir ce qui était proposé ou, en tout cas, entendu par les patient(e)s, je leur ai posé la question : « Durant votre parcours d’AMP, vous a-t-on proposé un accompagnement ? Si oui, lequel:
Groupe de parole / Psychologue/Sophrologue/ Hypnose/ Acupuncture/ Aucun/ Autre
44.6% des patients ayant répondu au questionnaire, dit qu’un suivi avec un psychologue a été proposé. Un accompagnement en sophrologie a été proposé à 3,1% des répondants (2 personnes).
46.2% des participants disent qu’aucun accompagnement complémentaire ne leur a été proposé.

Relevons que ce questionnaire s’adressait aux patients. Cela signifie qu’ils n’ont pas l’impression que les possibilités aient été exposées. Donc, soit le centre et le médecin ne l’ont pas fait, soit l’information n’a pas été entendue et retenue. Cela est possible au vu du parcours compliqué et intense émotionnellement. Dans tous les cas, ces réponses signifient que des progrès peuvent encore être faits à ce sujet.

Voici les résultats :

(N.B : « suivi psychologique » est une réponse spontanée à la possibilité « autre »)

Actuellement, les couples ont plusieurs possibilités d’accompagnement complémentaire, à l’intérieur et en dehors des centres.

Le personnel médical

Le personnel médical participe activement à la prise en charge. Souvent, ce sont ces personnes  qui ont les patient(e)s  au téléphone et répondent aux questions. Elles ont donc un rôle important dans le vécu du parcours et sont les interlocuteurs privilégiés. En plus de leurs prérogatives médicales, elles interviennent forcément dans le vécu des patient(e)s.

Leur formation n’est pas toujours adaptée à cet aspect et leur temps disponible est souvent insuffisant.

Groupes de paroles

Les groupes de parole sont de plus en plus répandus dans les centres de PMA. Ils permettent à chacun d’échanger et de se soutenir. Ces groupes sont d’un grand soutien pour certaines personnes qui ont besoin de s’exprimer et de voir qu’elles ne sont pas seules. Pour d’autres, c’est plus difficile de s’exprimer devant les autres et elles n’osent pas y participer.

Psychologue

Avec les groupes de paroles, la consultation avec un psychologue est assez régulièrement proposée. D’ailleurs, certains centres disposent d’une psychologue sur place.

Cette approche permet aux patient(e)s d’avoir une écoute et les aide dans leur vécu du parcours. D’après les résultats du questionnaire, c’est la possibilité la plus souvent proposée.

Sophrologue

Certains centres d’AMP (comme celui de Nïmes proposent des séances en groupes ou individuels avec des sophrologues. Toutefois, ceux-ci restent peu nombreux.

D’autres comme l’IMR à Marseille invitent les couples à se diriger vers une équipe de sophrologues mais ne le proposent pas sur place : « Des coachs en nutrition, des coachs sportifs, des équipes de sophrologie peuvent vous aider à mieux vous accompagner pendant vos traitements ».

Enfin, pour certains centres, les choses sont un peu floues, à l’image de ce que l’on retrouve pour le centre de Rouen : «  Le soutien proposé par le psychologue peut aussi être délivré sous forme de conseils, de séances de relaxation (sophrologie, musicothérapie…), d’acupuncture, ou d’hypnose. »

Autres approches

Différentes approches peuvent être intéressantes dans le cadre du vécu de l’AMP et sont proposées, le plus souvent sans lien avec les centres. Voici quelques exemples de ce qui est retrouvé : hypnose, acupuncture, ostéopathie, naturopathie, réflexologie, médecine traditionnelle chinoise,…

 

Certains couples n’éprouvent pas le besoin d’un accompagnement complémentaire et vivent très bien ce parcours. D’autres apprennent trop tard les possibilités dont ils auraient pu profiter. Soit personne ne les a informés, soit, ils n’ont pas vu venir les difficultés ou avaient trop de choses qui les préoccupaient pour prendre le recul nécessaire et trouver un accompagnement.

Comment la sophrologie peut permettre de mieux vivre le parcours d’AMP?

En faisant le point sur le parcours d’AMP, nous avons déjà vu certaines problématiques se dégager, en rapport avec ce que la sophrologie peut apporter. Il y en a bien d’autres.

La gestion du stress

Tout d’abord, la sophrologie est un outil de choix dans la gestion du stress. Or, le stress est présent tout au long du parcours d’AMP : dès la première consultation et jusqu’à l’annonce du résultat, les couples ressentent un stress qui peut devenir intense.
Ce stress est renforcé par le quotidien avec les questions/remarques de l’entourage, la gestion de l’aspect professionnel (un arrêt de travail est parfois nécessaire), …

Le travail sur la respiration, la détente physique et mentale vont permettre un relâchement des tensions et une diminution du stress. C’est le travail de base de chaque séance de sophrologie. Il peut être renforcé avec des séances plus spécifiques.

Le vécu de certaines étapes

Certaines étapes du protocole d’AMP sont plus anxiogènes, soit parce qu’elles sont inconnues, soit car elles réveillent des peurs (aiguille, anesthésie, peur de souffrir, peur de l’échec, …), ou comportent des risques médicaux importants. Bien souvent, c’est un mélange de tout ça !

Lorsque cette appréhension est très présente, la sophrologie permet de travailler de manière plus spécifique l’étape anxiogène. Par exemple, une sophro acceptation positive permettra de préparer une ponction d’ovocytes sous anesthésie générale (endormissement, intervention, réveil).

La gestion de la douleur et de la peur de la douleur

Des pathologies préexistantes peuvent  continuer à se manifester pendant le parcours d’AMP. Elles sont parfois la source de douleurs voire même la douleur est accentuée à cause du traitement. Une prise en charge en sophrologie en plus des traitements peut aider à surmonter cela. L’accord du médecin est alors nécessaire pour ne pas risquer de masquer des symptômes de complications.

Ainsi, on pourra, par exemple, soulager une douleur grâce à une sophro substitution sensorielle.

Certaines étapes comme les injections quotidiennes peuvent aussi être préparées. En effet, la sophrologie est déjà utilisée par certaines infirmières (hors contexte d’AMP) et peut être transposée dans certaines étapes de l’AMP (Grand Manuel de sophrologie, Bernard Etchelecou). Les injections étant parfois réalisées par des infirmières libérales, avoir recours à une personne formée en sophrologie peut faciliter cette période. Cela peut aussi être travaillé dans un accompagnement plus global proposé par un sophrologue.

La reconnexion au corps

Durant la période d’AMP, la connexion au corps peut être compliquée. Les femmes peuvent rejeter ce corps qui selon elles « ne leur permet pas d’être enceinte naturellement ». Elles peuvent lui en vouloir à cause d’une maladie provoquant l’infertilité, …
Les traitements administrés et le stress subi peuvent influer sur le poids, les œdèmes, la sécheresse de la peau et des muqueuses, …

La relation au corps est donc complexe durant cette période. La sophrologie, il est possible d’aider ces femmes à se reconnecter à leur corps par : le travail du schéma corporel, la vision objective de son corps, le fait de prendre le temps d’écouter ses ressentis, et ses sensations physiques, …

Et l’homme ?

Je remarque que très souvent, des prises en charges sont proposées aux femmes, éventuellement, aux couples mais, dans mes recherches, j’ai trouvé très peu de possibilités adressées aux hommes. Leur parcours est plus simple du point de vue médical mais sur le plan du vécu, il est loin d’être facile.

D’une part une pathologie touchant l’homme peut être la cause des difficultés à procréer. Cela peut générer un sentiment de culpabilité et d’infériorité. D’autre part, le recueil de sperme est anxiogène et la responsabilité est parfois laissée au père de transporter les ovocytes du lieu de ponction au laboratoire, … A titre d’exemple, dans mon vécu personnel, cela a nécessité pour mon mari de traverser en partie la ville de Marseille en voiture avec la  mallette contenant les précieux ovocytes !

L’attente des résultats et la peur de l’échec sont aussi difficiles pour les hommes que pour les femmes.

Certains hommes se sentent exclus du parcours d’AMP, le corps médical étant plus à l’écoute de la femme. Ils ont du mal à trouver la place dans ce parcours.

Le don de sperme parfois utilisé est aussi encore tabou dans notre société.

La sophrologie a donc aussi sa place auprès des hommes. Elle permettra une diminution du stress, une prise de distance diminuant le sentiment de culpabilité, une vision plus positive et la préparation mentale des étapes clés. Le sommeil étant souvent impacté pourra aussi être amélioré.
Des techniques de sophro acceptation positive ou  des visualisations positives ont toute leur place ici.

Le couple

Le couple est mis à rude épreuve pendant un tel parcours. Certaines personnes se rapprochent et d’autres s’éloignent. La sophrologie peut permettre de s’apaiser, de se recentrer et de se retrouver. Souvent, les problèmes sont dus à des peurs, à des interprétations et des difficultés de communication. Ça peut être la culpabilité ressentie par l’un des partenaires ayant une pathologie à l’origine de l’infertilité, les difficultés dues à un don de gamète, les montagnes russes émotionnelles dues au traitement qui se répercutent sur la communication, …

La sexualité est aussi bouleversée dans ce type de processus : les couples calculent la période d’ovulation, peuvent avoir des rapports ou non en fonction du protocole, …

« Grâce au sophrologue, le couple va apprendre à s’écouter à nouveau, à exprimer ses besoins pour se faire entendre et comprendre, à repositionner son couple dans une perspective, une durée. » (Source : https://www.efds-sophrologie.fr/sophrologie-prise-charge-couple  S.Borchi)

Le sophrologue permettra à chacun de s’exprimer et tentera de rétablir le dialogue, apaiser les tensions, … sans jamais prendre parti ou conseiller.

L’autonomie

Le sophrologue amène le client(e) à l’autonomie. Cela lui permet d’avoir les outils nécessaires pour gérer les situations seul(e)s. Par exemple, il sera possible d’utiliser la respiration pour se détendre avant un transfert d’embryon, un ancrage de courage avant une injection, son paysage ressource au moment de l’endormissement pour une anesthésie, …

Les outils acquis pendant l’accompagnement pourront être réutilisés au moment opportun. Lorsqu’on suit un protocole d’AMP, il y a beaucoup d’incertitudes au niveau du timing et d’imprévus. Le sophrologue ne peut pas être disponible 24h/24 et 7j/7. Par contre, les outils transmis le sont ! C’est une grande force !

L’histoire de chacun…

Même si le processus d’AMP occupe le devant de la scène pour le couple, chacun a son histoire personnelle et certaines choses peuvent remonter à cette occasion. La prise en charge en sophrologie peut améliorer le vécu de l’AMP, aussi en travaillant sur des problématiques qui ne semblent pas avoir de lien ! Une enfance difficile, une situation professionnelle non épanouissante, des difficultés relationnelles, un événement de la jeunesse, …

De plus, dans l’inconscient collectif, la fécondité est souvent considérée comme la principale expression de la féminité. Certaines femmes ne parvenant pas à avoir d’enfants, ont la sensation de perdre leur féminité. La sophrologie participera aussi à permettre à ces femmes de retrouver de l’apaisement en travaillant sur l’objectivité et les croyances.

L’adaptabilité de la sophrologie

La sophrologie et d’autant plus la vision enseignée par l’EFDS, est basée sur une grande adaptabilité. Cela est idéal pour ce type de situation « à rebondissements ». L’effet des hormones et les enjeux de chaque étapes nécessitent de toujours réajuster son protocole avec les besoins de la personne.

Le principe de réalité objective

Prendre du recul sur le parcours entamé va permettre de faire redescendre la pression et d’enlever le focus sur les enjeux. Le désir de grossesse prend tellement de place dans la vie de ces couples que le reste est comme mis en pause dans de nombreux cas. Avec la sophrologie, on va pouvoir réharmoniser cela et redonner un élan : cela passe par la reconnexion au corps et la déculpabilisation.

Le principe d’action positive

Le corps et l’esprit sont liés. Le rôle du psychique dans le processus d’AMP est important, surtout dans le vécu du parcours.

Détendre le corps et l’esprit grâce à la sophrologie va donc améliorer ce vécu.

En groupe, en couple ou en individuel

Le travail avec le sophrologue peut être fait en groupe : il est intéressant de garder le même groupe sur plusieurs séances. Ainsi, chacun se connait et une dynamique s’instaure. Dans ce processus d’AMP, les protocoles étant très variables, chacun en sera à des étapes différentes et le travail devra rester global.

Les séances en couple ou en individuel permettent de vraiment s’adapter aux besoins en fonction de l’avancée du protocole. Elles permettent également de travailler plus en profondeur sur l’histoire de chacun et sur son parcours de vie.

Dans les centres ou en dehors

Toutes les initiatives proposées par les centres spécialisés en AMP sont bénéfiques. Il est intéressant de proposer les accompagnements à l’intérieur de ces centres. Toutefois, les couples parcourent parfois de longues distances pour s’y rendre et passent beaucoup de temps dans le centre et en salle d’attente. De plus, les horaires proposés sont limités, surtout en individuel, comparé au nombre de couples qui pourraient en bénéficier.

Il est donc intéressant de proposer également ces accompagnements de manière indépendante au centre. Cela permet d’augmenter les propositions, de trouver quelqu’un près de chez soi et de sortir du cadre médical déjà très présent et qui parfois peut-être angoissant.

A quel moment du parcours la sophrologie peut-elle intervenir ?

L’adaptabilité proposée par la sophrologie permet au sophrologue d’intervenir à toutes les étapes du processus d’AMP mais aussi, avant le début ou après le parcours lorsqu’il y a grossesse, adoption ou arrêt des traitements et deuil de la grossesse.

Pour savoir à quel moment les couples ont le plus besoin d’un accompagnement, j’ai sollicité l’avis des couples. Dans le questionnaire que j’ai diffusé, j’ai demandé quelle était l’étape la plus difficile à vivre. Plusieurs réponses étaient possibles. Voici les résultats sur le graphique ci-dessous :

 

Il est intéressant d’observer que les 2 étapes les plus compliquées ne sont pas des étapes « médicales ». C’est-à-dire qu’elles ne demandent pas directement un acte médical risqué ou douloureux.

Selon les participants, les étapes les plus compliquées à vivre sont : l’attente du résultat (64,6%) et l’annonce du résultat (49.2%).

Les traitements et la ponction, qui sont les plus à risques, arrivent en troisième (24.6%) et cinquième position (16,9%) !

La sophrologie a donc des atouts considérables pour améliorer le vécu du parcours d’Assistance Médicale à la Procréation. Dans le questionnaire diffusé, j’ai demandé l’avis des personnes ayant bénéficié de l’AMP et près de la moitié (43.1%) pensent qu’elle les aurait aidé (ou qu’elle les a aidé) à mieux vivre leur parcours et une grande partie (55.4%) ne sait pas se prononcer, ne sachant pas précisément ce qu’est la sophrologie et ce qu’elle pourrait apporter.

L’approche proposée par la sophrologie est intéressante pour améliorer le vécu du parcours d’AMP. Une bonne information sur les possibilités qu’elle offre dans ce cadre, auprès des centres ou directement du grand public et des patients, permettrait à de plus nombreux couples d’en bénéficier.

 

Vous avez ou allez entamer un parcours de PMA et vous avez le sentiment que la sophrologie peut être un atout? N’hésitez pas à prendre rendez-vous ou à me contacter afin que nous puissions rapidement établir une prise en charge ensemble.

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