Pourquoi critiquer vous fait du mal ?

Vous êtes-vous déjà surpris en train de critiquer une personne ou ce qu’elle faisait ? Et parfois, vous avez pu vous dire “oh lala, c’est pas beau ça! Pourquoi je suis autant critique face à ça?”

Et êtes-vous d’accord si je vous dit que, d’autres fois, vous avez critiqué et cela vous a semblé opportun et mérité ? Ce sont ces fois-là que je vous propose de décortiquer ici. Je vous le dis tout de suite, ça n’est pas facile et vous allez peut-être, à certains moments, avoir envie d’arrêter de lire et penser que ce que je dis ne vous concerne pas. Je vous invite, à ce moment précis, à prendre du recul et à vous demander si vraiment cela ne vous concerne pas. Si vous confirmez cette impression, ok, arrêtez la lecture, si c’est pour ne pas regarder en vous, je vous conseille de reprendre 🙂

Qu’est-ce que j’appelle “critiquer” ?

Mettons-nous d’accord sur ce que signifie le mot critique. Je ne parle pas ici de la critique constructive mais de la critique qui nous échappe et qui n’a pas été sollicitée.

Voici la définition du Larousse: “Porter sur quelqu’un, quelque chose, un jugement défavorable en faisant ressortir les défauts, les erreurs, … blâmer, désapprouver, censurer, condamner, …”

On va parfois au-delà de tout ça. C’est à dire qu’on ne fait pas ressortir un défaut ou une erreur mais on fait ressortir quelque chose qui ne nous convient pas selon notre carte du monde. Par carte du monde, j’entends la manière dont on pense que doivent être les choses. Et là dessus, nous avons tous un avis différent.

La critique sort de l’observation. Prenons un exemple concret. Une observation serait “Cette femme porte une jupe courte.” Une critique serait “Comment peut-elle sortir avec une jupe aussi courte?” Qui deviendra parfois même “Elle devrait avoir honte de s’habiller comme ça!” Ça vous dit quelque chose? Est-ce une manière de faire que vous utilisez parfois?

Prenons un exemple différent. Une observation serait “A chaque sujet abordé, il a des informations à partager.” La critique serait “Il monopolise la parole en participant à tous les sujets.” Ou même “C’est un monsieur Je Sais Tout!”

Ce sont des exemples très simples mais cela peut se retrouver dans tous les domaines de notre vie! Si vous réfléchissais 30 secondes, vous en trouverez sûrement un qui vous correspond.

La critique passe souvent par une interprétation: interprétation du but recherché par la personne ou de la cause. “Il répond à tout pour étaler son savoir” ou “Il répond à tout car il se juge au-dessus des autres.”

Dans tous les cas, il s’agit de votre interprétation personnelle, avec vos propres filtres. A quel moment prenez-vous la peine de vérifier ce que vous avancez?

Les choses se compliquent encore si vous êtes avec une autre personne qui porte le même jugement. La tendance est alors à la cohésion contre l’autre. Et, le jugement critique devient une certitude.

Pourquoi en vient-on à la critique?

Si vous êtes encore en train de lire, bravo! C’est que vous êtes en capacité d’aller plus loin que ce qui vous dérange. Alors, pourquoi est-ce qu’on critique? Si on observe les conséquences, ça peut être blessant pour l’autre…
Mais on ne cherche pas à blesser ou à faire du mal. On ne se rend, la plupart du temps, même pas compte que nous sommes sorti de l’observation pour passer dans la critique.

C’est une glissade sournoise. Voici le cheminement le plus fréquent: j’observe, je passe au mental qui analyse, je me compare (surtout si je manque de confiance et/ou d’estime de moi), je réagis. J’ai envie de parler de jalousie non consciente. Je ressent une jalousie car, je ne m’autorise pas à agir comme cela, ou je ne me sens pas capable de la faire, ou j’estime que je n’en ai pas le droit, … ou, je me reconnais dans ce que la personne fait ! Vous lisez toujours? Oui? Alors reprenons nos exemples.

Cette femme porte une jupe courte. J’aimerais moi aussi porter une jupe aussi courte, je serais sûrement jolie comme cela… Oui, mais, que vont dire les autres? Je suis un peu trop vieille/jeune/ronde/pâle/… Aïe! Elle, elle ose! Du coup, comment peut-elle oser faire ce que moi, je juge impossible pour moi-même? Est-ce que je choisis d’observer ce que ça déclenche sur moi ou de nourrir la jalousie et la colère qui m’incitent à la critiquer et à la juger?

Cet homme participe à tous les sujets! Il partage son avis sur chaque conversation. C’est agaçant! Tiens, c’est ce que j’ai tendance à faire moi aussi! On me le dit parfois…mais non, je ne suis pas comme ça! Lui, c’est beaucoup plus, c’est insupportable! Est-ce que je me remets en question en me disant “Tiens, je vois ce que peuvent ressentir les autres lorsque j’agis comme ça?” ou est-ce que je continue à propager ma constatation qu’il parle pour ne rien dire ?

Vous comprenez un peu mieux ? La critique devient une sorte de rempart de protection: je blâme l’autre pour ne pas voir ce qu’il se passe réellement en moi. Ce qui nous amène à voir comment ce fonctionnement va se retourner contre vous.

Pourquoi la critique se retourne contre vous ?

Je pense que vous avez déjà compris mais regardons ensemble de plus près. Si vous bloquez votre mental sur le jugement de l’autre, vous l’empêchez d’analyser ce qu’il se passe pour vous. Donc, au lieu de tirer profit de l’expérience, vous entretenez le mécanisme d’évitement: j’évite de regarder ce qui me dérange chez moi, j’évite de voir que je fais la même chose, j’évite de m’avouer que je manque de confiance en moi, …

En évitant tout ça, vous bloquez votre évolution. Vous vous enfermez dans la facilité de critiquer tout le monde sans vous regarder. Rappelez-vous des personnes pour qui vous avez pensé “cette personne est aigrie…” c’est ce qui vous attend si vous restez dans ce cercle vicieux de regarder plus les autres que vous-même!

Regarder les choses en face, regarder la réalité comme elle est, regarder comment vous êtes et qui vous êtes vraiment, c’est comme cela que vous pourrez évoluer vers une vie plus épanouissante, faire des choses plus grandes, voir votre avenir plus lumineux…

Lorsque vous prenez conscience que vous êtes dans la critique non constructive, acceptez de respirer un grand coup et de vous dire plutôt “qu’est-ce que cette personne / cette chose / ce comportement me montre sur moi? Qu’est ce que je fais et que je n’accepte pas ou qu’est-ce que je ne m’autorise pas à faire et que je voudrais faire. Ne vous jugez pas. Simplement observez-vous et questionnez-vous.

En vérité, peu importe la manière de faire des autres… La vrai question, c’est comment VOUS, vous faites, agissez, … ou voudriez faire ou agir, …

Et, si vous avez envie de passer cette étape et d’avancer, je peux vous accompagner sur ce chemin !

 

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